Bordeaux : le coup de gueule de Francis Gillot

Peu de buts, pas beaucoup de spectacle. Depuis quelques semaines, Bordeaux est beaucoup raillé à travers la Toile. Les matches bordelais programmés le dimanche en raison de la Ligue Europa ne se sont pas avérés des réussites, certains appelant même ces rencontres le Siestico. À force d’entendre cette rengaine, l’entraîneur des Girondins Francis Gillot est sorti de sa réserve en conférence de presse. Et a livré le fond de sa pensée sur ces récurrentes critiques.

« On nous tire dessus sans comprendre les choses. On nous dit qu’il faut jouer la Coupe d’Europe à fond ; on la joue à fond et évidemment, en championnat, on souffre. Comme beaucoup d’équipes européennes. Mais ça, personne ne le souligne. On ne pense qu’à nous mettre la tête sous l’eau. On fait un beau parcours européen, ça passe complètement inaperçu. On est qualifié en Coupe de France, ça passe inaperçu. Aujourd’hui, on fait un meilleur championnat que la saison dernière. On a plus de points qu’à la même époque, alors que nous sommes qualifiés en Coupe de France et que l’année dernière, nous étions éliminés. Mais Bordeaux, c’est l’équipe à abattre, l’équipe à critiquer ! », a-t-il lancé. Gillot n’apprécie clairement pas le traitement médiatique réservé à son club.

« Les gens parlent beaucoup sans connaître les choses. Ceux qui sont derrière un micro estiment que cela leur donne tous les droits. Mais il faudrait aller au fond des choses. Il faut connaître le sujet. Je n’aime pas que l’on critique Bordeaux parce que c’est mon club. Mais il faut des arguments. On dit beaucoup de choses sans arguments derrière. Ce sont des débats sans intérêt. Des débats de comptoir, des débats de bistrot… Mais si ça vous arrange de taper sur Bordeaux, allez-y ! », a-t-il poursuivi. Gillot a du mal à encaisser les critiques sur l’ennui suscité par certains matches de son équipe, mais il ne doit pas oublier que tous ou presque encensent son travail, encore plus depuis qu’il a dû faire face à la vente de Gouffran et Jussiê lors du dernier mercato hivernal. Le match face à Lorient demain sera l’occasion de prouver que Bordeaux est capable d’être séduisant !

Par Nabil Chaibi

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Bordeaux face à la délicate intégration de Diego Rolan

Yoan Gouffran parti à Newcastle cet hiver, les Girondins de Bordeaux comptaient beaucoup sur Diego Rolan pour le remplacer. « Il le profil de Yoan Gouffran. Il est explosif, il va vite. Je le considère comme un joueur d’axe, même si je l’ai vu jouer pas mal de fois sur le côté droit. Je le trouve mieux dans l’axe car il fait beaucoup d’appel, il défend. Ce n’est pas un garçon qui est fainéant, il propose des solutions et il se replie pour récupérer les ballons », expliquait d’ailleurs Francis Gillot à RMC quelques jours après son arrivée.

Hélas, l’attaquant n’a pas encore eu le temps de s’adapter sous ses nouvelles couleurs. Et pour cause, dès sa première titularisation sous la tunique marine-et-blanc, contre l’Olympique Lyonnais (0-4, 25e journée de L1, 17 février), l’Uruguayen a été trahi par sa cheville droite, étant contraint de sortir à la mi-temps. Il lui a fallu deux semaines pour se remettre de cette entorse. Une lésion retardant fatalement son adaptation. Son retour à la compétition, face à Benfica (1-0, 8e de finale aller d’Europa League, 7 mars), l’a prouvé.

Bien en jambes et remuant, il n’a jamais été trouvé dans les bonnes conditions par ses partenaires. « Il a fait les bons appels mais il n’a pas reçu les bons ballons. C’est un problème à régler entre lui et les passeurs. En outre, il n’a pas eu la partie belle avec les deux arrières centraux de Benfica. On a énormément centré mais aucun ballon n’a trouvé preneur », a confié Gillot en conférence de presse. Ses passeurs concédaient qu’ils devaient faire des efforts pour le servir au mieux, à l’image de Nicolas Maurice-Belay dans les colonnes de Sud Ouest.

« Nous avons besoin d’un peu d’adaptation. Nous étions trop loin de lui jeudi soir. Il faut que l’on joue davantage en première intention pour lui car si on ne le trouve pas dans les deux secondes où il parvient à se démarquer, c’est très difficile pour lui de recevoir des ballons », a lancé le milieu offensif. Des mots mis en pratique dimanche, contre Bastia (1-0, 28e journée de L1). Pour la première fois, le n° 9 bordelais a semblé compris à la pointe de l’attaque girondine. L’Équipe l’a même gratifié d’un 6.

Ses nombreux appels, sa hargne et ses nombreuses occasions (35e, 40e et 45e +1) ont fait naître de nombreux espoirs. Seulement, il a une fois encore été trahi par sa cheville droite. L’ancien pensionnaire du Defensor Sporting a encore dû quitter ses partenaires à la pause. Selon son coach, il ne devrait pas revenir avant début avril. C’est une entorse, c’est la même cheville. « C’est sûr qu’il ne sera pas là jeudi (contre Benfica) et dimanche (à Toulouse en L1). Après il y a une trêve de quinze jours, j’espère le récupérer pour début avril », a-t-il expliqué.

Il ratera donc sans doute trois nouveaux matches, revenant en pleine possession de ses moyens pour le déplacement à Marseille (31e journée, 6 avril). Une absence qui ne permettra pas de travailler les automatismes offensifs et qui permettra peut-être à son concurrent Cheick Diabaté de marquer des points comme ce dimanche. Sous contrat jusqu’en juin 2017, Diego Rolan a le temps de se faire à son nouvel environnement et de montrer ses qualités à Bordeaux. Seulement, les Girondins et Francis Gillot en auraient bien besoin dès maintenant…

Par Nabil Chaibi

Bordeaux : l’avenir de Carrasso toujours aussi flou

À 31 ans maintenant, Cédric Carrasso arrive à un tournant dans sa carrière. Repartir encore pour un tour à Bordeaux ou se laisser tenter par une nouvelle expérience, voilà le dilemme qui se pose au dernier rempart.

Il avoue d’ailleurs qu’il se posera la question sur les ondes de RMC : « J’aurai forcément une réflexion en fin de saison parce que cela fait quatre ans que je suis ici, que j’ai 31 ans. Je devrai savoir si je prolonge l’aventure et donc que je m’inscris pratiquement jusqu’à la fin de ma carrière dans le projet des Girondins, ou si j’ai envie d’autre chose. Je n’en sais rien. Aujourd’hui, je suis à fond ici. Je me sens très bien à Bordeaux. Je n’ai pas envie de partir mais je me poserai quand même la question ».

Par Nabil Chaibi