Google, laisse-moi me suicider tranquillement ! Par Nabil Chaibi

Quel est le premier réflexe de l’internaute qui pense à se suicider ? Apparemment, il tape « suicide » dans Google. C’est en tout cas ce que doit penser la firme américaine, qui vient de mettre en place un partenariat avec SOS Amitié en France pour fournir le numéro de téléphone de l’association comme premier résultat de recherche.

Résultats de recherche (capture d’écran)

Merveille de la technologie, l’opération fonctionne aussi avec « en finir avec la vie » ou « fatigué de vivre » (mais pas en tapant « en finir une bonne fois pour toutes » ni « me pendre », ni « je me mettrais bien une balle dans la tête »).

Reprenons. Ces jours-ci, j’en ai tellement marre de ma vie que je rêve de l’abréger (note à ma maman : ce n’est pas vrai, c’est juste pour la démonstration). En toute logique, je vais sur Internet pour trouver le meilleur moyen d’en finir.

J’ignore l’actualité de la semaine (une immolation de chômeur, la pendaison d’un collégien harcelé, la tentative de suicide d’un autre) et mes yeux s’accrochent au téléphone rouge salvateur. Là, comme je suis de bonne composition, je me dis : « Google a raison, je vais plutôt reprendre des frites ».

Aux Etats-Unis, une fonctionnalité similaire existe depuis 2010, avec un numéro de centre de prévention bien mis en évidence. Merci Google ! Tu as pensé à tout. Même au suicide de mes co-internautes, avec une page dédiée dans le « centre d’aide » :

« Si vous souhaitez signaler une vidéo (ou des commentaires vidéo) mettant en scène un acte de suicide ou exprimant des propos suicidaires, merci de signaler la vidéo afin qu’elle soit examinée par l’équipe YouTube. »

Prévention du suicide sur Youtube (capture d’écran)

Google veut que je vive. Google veut mon bien. Google est ravi de donner 60 millions d’euros à la presse, veut investir dans la culture, et croit qu’on deviendra tous des trans-humains.

Et si tu me lâchais un peu, Google ? Si tu t’occupais plutôt de tes impôts ? Parce que j’aimerais bien me suicider tranquille, ou alors (j’hésite) :

Au moins, sur ces recherches-là, tu me fiches la paix. Allez, je vais reprendre des frites.

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Par nabil chaibi

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